Dans ce travail de séminaire, on essaiera
d’analyser le rôle du regard dans la poésie de Paul Eluard. On le fera en
examinant plusieurs recueils de poésie d’Eluard, mais aussi les influences que
le poète a subies au cours de sa vie, personnelle et littéraire. On abordera en
premier lieu sa vie, son œuvre en général, ensuite son œuvre du côté visuel,
pour conclure avec l’analyse des catégories visuelles dans sa poésie.
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Paul Eluard |
Paul Eluard, poète français, de son vrai nom Eugène Émile
Paul Grindel, est né à Saint-Denis en 1895. Apres avoir obtenu son brevet à
l’école supérieure Colbert à Paris, il est obligé d’interrompre ses études à l’âge de seize ans. Avec une tuberculose pulmonaire, il est hospitalisé dans un
sanatorium suisse pendant deux ans. C'est là-bas qu'il rencontre la première
inspiratrice de sa poésie, Helena Diakonova, une jeune Russe en exil, qu’il
surnomme Gala. Les deux se marient en 1917. En 1918, il fait partie du
mouvement Dada, qui se forme autour de Tristan Tzara. Ensuite il se joint à André
Breton pour former le mouvement de surréalisme. Dès 1925, il adhère au parti
communiste. Gala, qui était ouvertement la maîtresse da Max Ernst, quitte le
poète pour le peintre Dali. Peu après, il rencontre Maria Benz, une
artiste de music-hall franco-allemande surnommée "Nusch" avec qui il
se marie en 1934. Exclu du parti communiste, il continue sa lutte pour la
révolution. Comme l’ambassadeur du surréalisme, il voyage partout dans
l’Europe. Lorsque la Deuxième Guerre mondiale éclate, il rejoint le parti
communiste et le jour de la Libération il est fêté avec Louis Aragon comme le
grand poète de la résistance. Après la guerre, en 1946, la mort subite de la
femme aimée bouleverse de nouveau la vie d’Eluard. Les années qui vont suivre, il est engagé pour défendre la paix
dans le monde, et c’est au Mexique qu’il rencontre Dominique Lemor, avec qui il
rentre en France. Les deux se marient en 1951. Eluard est mort un an plus tard
en Charenton-le-Pont et est enterré au cimetière du Père-Lachaise à
Paris.
Influencé d’abord par Dada, formé autour de Tristan Tzara, (qui
est en réaction à l’absurdité de la grande guerre et remet en question le monde
tel qu'il est), et puis par le surréalisme qui en est issu, Eluard traduira
quelques principes de ces mouvements dans sa poésie. Comme André Breton et
Louis Aragon, il est en recherche d’un nouveau mode d’expression poétique lié au rêve, à l’imaginaire et à
l’inconscient et dont l’un des aspects sera l’écriture automatique[1].
Le mouvement a aussi une dimension politique :
l’art est considéré comme un moyen de « changer la vie » ce qui
explique l’adhésion des surréalistes, y inclus Eluard, au parti communiste. Cependant,
Eluard n’est pas entièrement d’accord avec tous les principes surréalistes. Il
se distingue des autres surréalistes par son désir de communication, et
l’écriture automatique ne constitue pour lui la manière poétique par excellence.
Pour Eluard, la poésie est une activité consciente ou l’automatisme ne fait
qu’enrichir le champ de vision.[2] Il est
poète de l’imagination, sa peinture du monde n’est pas celle d’un photographe.
Sa création poétique comprend une sorte de recréation du réel, d’abord la
destruction du réel, et puis sa reconstruction par synthèse de l’image
perçue par les sens (la vue, l’odorat, l’ouïe, le goût, et le toucher) et l’imagination:
« Tout est au poète objet à sensations et, par conséquent,
à sentiments. Tout le concret devient alors l'objet de son imagination et
l'espoir, le désespoir passent, avec les sensations et les sentiments, au
concret. »[3]
La lumière, les sons, les
odeurs, rien de ce qui peut être perçu par les sens humain ne doit rester
étranger au poète. L’imagination est celle qui motive la création poétique,
elle métamorphose la perception et crée ainsi un second univers, plus beau que
le premier.
Cependant, on ne doit pas
négliger l’importance de l’amour et de la femme dans la poésie d’Eluard. Dans son
œuvre on peut voir les figures des femmes inspiratrices et même les cycles de
chacune d’elle : le cycle de Gala (1914-1930), celui de Nusch (1930-1946)
et de Dominique (1949-1952). Le titre d’un de ses recueils nous éclaire
l’importance de l’amour: « L’amour
la poésie ». Il y supprime la conjonction, il ne dit pas « L’amour et
la poésie », parce que pour lui ces deux idées-la sont si étroitement
liées qu’elles ne peuvent exister l’une sans l’autre.
Pour commencer notre étude du visuel notons d’abord
seulement les titres des recueils de poésie de Paul Eluard qui appartiennent au
champ sémantique de la vue : Les yeux
fertiles, Donner à voir,
Perspectives, Voir, A l’intérieur de la vue, De l’horizon d’un seul à l’horizon
de tous, La courbe de tes yeux etc. Dès le début, on confirme l’importance
du visuel et de l’organe principal de sa perception : l’œil.
La plupart des recueils publiés pendant la
vie du poète est illustrée, par des amis peintres ou photographes. Les premiers
amis d’Eluard, déjà à l’époque Dada, sont Max Ernst, Giorgio de Chirico et
Picasso, et plus tard, Salvador Dali, Man Ray, Chagall, Magritte, etc. Dans son
recueil de poésie Capitale de la douleur
on peut lire des poèmes intitulés Max
Ernst, Giorgio de Chirico, Pablo Picasso, Georges Braque, Joan Miró. Il est
ouvertement fasciné par Picasso, et approuve son effort de libérer la vision du
monde. Il dit de Picasso: « Cet homme tenait en mains la clef fragile du
problème de la réalité. Il s'agissait pour lui de voir ce qui voit, de libérer
la vision et d'atteindre à la voyance. Il y est parvenu. »[4]
C’est le monde du concret qui règne dans la poétique
d’Eluard. D’ailleurs, les substantifs forment le gros du vocabulaire de ce
poète. Et parmi les substantifs, on peut remarquer la prédominance de ceux qui
désignent les parties du corps humain, surtout le visage.[5]
Il est inévitable que le poète se serve des substantifs abstraits, et le plus
souvent il les accompagne des verbes concrets. Il dit : « Je
chante…la candeur de t’attendre, l’innocence de te connaître.»[6]
En évoquant les objets dans
ses poèmes, il ne les décrit pas, il utilise leurs caractéristiques habituelles
en les appliquant métaphoriquement aux autres objets. La langue dont se sert le
poète est celle de tous les jours, mais les rapports entre les choses sont
établis avec le plus de spontanéité possible. Le résultat est une poésie évocatrice et
sensible, qui touche l’esprit avec plus de force. Mais voyons de plus près
suivantes catégories du visuel dans sa poésie : les formes, les couleurs,
la lumière, les lieux, le miroir, le regard amoureux…
Les formes
La poétique d’Eluard
semble plus ouverte aux formes rondes ou courbes qu'aux lignes droites :
« La
courbe de tes yeux fait le tour de mon cœur
Un rond
de danse et de douceur;
Auréole du
temps, berceau nocturne et sûr... »[7]
Ces formes rondes sont proches de celle du cercle qui est
traditionnellement regardée comme symbole de perfection, d’infini, d’éternel. Le mot « auréole » apporte l’idée de
l’amour sacré, pur. L’évocation du « berceau » peut apporter
une notion de chaleur, protection, en tant que symbole de naissance, et dans le
poème, naissance de l’amour et du poète-même.
Les couleurs sont omniprésentes, et peut-être sont-elles
le plus abondantes quand il les emploie à propos de la femme aimée :
« Dans
cette vaporeuse région, dans ces espaces irisées
Par
les fées, tu viens vers moi, large et généreuse,
Rose et rouge,
mauve et violette sous les dehors de ta blancheur. »[8]
De même, à l’exemple de ses amis peintres, il aime se jouer
avec les couleurs, en altérant les rapports entre les choses, et créant ainsi
des effets inattendus. Il est fameux son vers : « La terre est bleue comme une orange»[9] qui frappe
l'esprit à cause de l'illogisme sensoriel. Si on se donne un peu de liberté et
d’imagination, la couleur bleue peut-être symbolise ici l’infini, l’azur de
Mallarmé. La forme sphérique de l’orange est proche de celle de la terre, ce
qui peut suggérer que le poète trouve de l’infini sur la terre.
La lumière
La lumière, comme
phénomène qui dévoile les objets et sans laquelle il serait impossible de voir,
est très fréquente dans sa poésie. Elle apparaît sous les formes différentes,
comme «soleil », «feu», «rayon »,
«jour», «aube», «flamme» etc. A cause de son rôle essentiel pour la
vision, elle est toujours associée aux sentiments positifs de la joie, de la
liberté, de l’amour :
« Le
soleil est vivant ses pieds sont sur la terre
Ses
couleurs font les joues rougissantes de l'amour
Et
la lumière humaine se dilate d'aise »[10]
Par contre, l’absence de
la lumière, pendant le sommeil, quand
les yeux sont fermés, montre la volonté de s’isoler du monde :
« Et quand tu n’es pas là
Je rêve que je dors, je rêve que je rêve»[11]
Je rêve que je dors, je rêve que je rêve»[11]
«Il
dort, il dort, il dort.
L’aube
a eu beau lever la tête,
Il dort. »[12]
Les lieux
En évoquant le monde
concret, certains lieux deviennent symboliques. À part la notion de
transparence que suscite l’usage du mot « fenêtre », on constate
aussi la signification de découverte d’un nouveau monde, possibilité de
s’enfuir:
«C’est par la fenêtre que l’on sort
Prisonnier, c’est par la fenêtre
Que l’on gagne un autre monde »[13]
Le
« désert » symbolise la solitude du poète après la mort de
Nusch :
« Mon désert contredit l’espace
Désert pauvre désert livide
De ma morte que j’envie »[14]
Dans la poésie d’Eluard,
le regard apparaît aussi sous la forme de reflet. Le miroir, comme l’objet d’un
reflet parfait, peut montrer aussi la réciprocité des sentiments dans
l’amour :
« Notre
amour a plus besoin
D'amour que
l'herbe de pluie
Il faut
qu'il soit un miroir »[15]
Ici, on a une image de l’amour qui se
nourrit de lui-même, qui survit grâce au reflet. L’amour naît dans le miroir,
on n’aime que le reflet : nous-mêmes dans les autres. D’ailleurs, la
poésie d’Eluard n’existe sans la présence de l’autre, soit la femme aimée, soit
le lecteur.
A
cet égard, Eluard dit aussi :
«La plupart d'entre eux (les peintres) s'est
misérablement borné à reproduire le monde. Quand ils faisaient leur portrait, c'était en se regardant dans un miroir, sans songer qu'ils
étaient eux-mêmes un miroir. Mais ils en enlevaient le tain, comme ils
enlevaient le tain de ce miroir qu'est le monde extérieur, en le considérant
comme extérieur »[16]
Pour Eluard, les choses n’existent que par leur reflet, le miroir sans
reflet n’est pas un miroir. Pour exister, il faut être vu par quelqu’un, et
c’est souvent par la personne aimée :
« Et si je ne sais plus tout ce que j’ai
vécu
C’est
que tes yeux ne m’ont pas vu. »[17]
L’amour
eluardien est l’union de deux êtres, ou l’un se perd et se retrouve dans
l’autre, et le lien entre les deux s’établit par le regard :
« Elle est debout sur mes paupières
Et ses cheveux sont dans les miennes,
Elle a la forme de mes mains,
Elle a la couleur de mes yeux
Elle s’engloutit dans mon ombre
Comme une pierre sur le ciel.
Elle a toujours les yeux ouverts
Et ne me laisse pas dormir… »[18]
La femme aimée est
définie par les yeux et les mains du poète, et se trouve dépendante de lui. Aussi
longtemps qu’elle regarde il ne peut pas dormir parce que les yeux de la femme
sont ceux du poète lui-même. C’est dans les yeux féminins que réside le couple
amoureux. La dépendance mutuelle se voit clairement dans les vers suivants:
« Comme
le jour dépend de l’innocence
Le
monde entier dépend de tes yeux purs
Et
tout mon sang coule dans leurs regards. »[19]
Ici, le sang, symbole de
vie, ne coule plus dans le corps du poète, mais dans les yeux de la femme
aimée. C’est grâce au regard de la femme que le monde existe, que le poète le
voit, et qu’il est vivant.
Chez Eluard, (et c’est le
cas dans le poème déjà citée au-dessus, « L’amoureuse » ) on a
la thématique de fusion de deux êtres, ce qui pourrait bien être la recréation
du mythe d’androgyne[20],
mythe platonicien, où l’homme est condamné à chercher sa moitié auparavant
perdue[21].
La femme et le poète ne font qu’un, elle n’apparait plus comme le reflet, le
visage, mais la moitié du poète lui-même.
La vue, chez Paul Eluard
permet une relation entre les choses, entre les personnes. C’est la base de tout ce qui existe, ou pour
le dire ainsi, les choses n’existent que par leur possibilité d’être vues ou de voir. Cette
relation qu’établit le regard avec l’univers est d’ordre primordial. L’acte de
voir est évidemment sensuel, mais plus que cela, il est vital. Pour cela, il
n’étonne pas qu’Eluard donne à ce sens-là une signification si large :
« Voir, s'est comprendre, juger, transformer, imaginer, oublier ou
s'oublier, être ou disparaître. » [22]
La réalité altérée par son regard et l’imagination est parfois
difficile à saisir pour les lecteurs. Mais c’est justement par ses images
arbitraires, si chères aux surréalistes, qu’Eluard exprime ce qui est en lui le
plus pur, le plus profondément humain:
« Un jour, tout homme montrera ce
que le poète a vu. Fin de l'imaginaire. »[23]
- · ELUARD, Paul, Capitale de la douleur, suivi de L’amour la poésie, Paris, Gallimard, 1966.
- · ELUARD, Paul, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, Paris, Gallimard, 1968.
- · WESTE KLEINEIDAM, Anja, Le thème du regard dans la poésie de Paul Eluard, 1969. (en ligne, URL : http://www.erudit.org/these/liste.html?src=McGill&typeIndex=facetteAnneePublication&annee=1968)
- · ROBICHAUD, Michel Roma, Poésie Surréaliste de Paul Eluard: Analyse Stylistique, (2011). Open Access Dissertations and Theses. (en ligne, URL: http://digitalcommons.mcmaster.ca/opendissertations/5195/)
- · OLLIER, Charlotte, Enjeux de représentations contradictoires du féminin dans la poésie de Paul Eluard, mémoire de master, Université Stendhal(Grenoble III), 2009 (en ligne, URL : http://dumas.ccsd.cnrs.fr/docs/00/45/03/03/PDF/Ollier_C._Memoire.pdf)
- · GAUBERT, Serge, Éluard entre Breton et Picasso (en ligne, URL : http://ebooks.unibuc.ro/filologie/litteratureetpeinture/gaubert.pdf)
- · MARTIN, Marie-Agathe, La sensation symbolique chez Paul Eluard, 1968. (en ligne, URL :http://digitool.library.mcgill.ca/R/?func=dbin-jump-full&object_id=46408&local_base=GEN01-MCG02 )
- · http://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_%C3%89luard
- · http://fr.wikipedia.org/wiki/Surr%C3%A9alisme
[1] « Chez les surréalistes, elle consiste à écrire le plus rapidement possible, sans contrôle de la raison, sans préoccupations esthétique ou morale, voire sans aucun souci de cohérence grammaticale ou de respect du vocabulaire. » (URL : http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89criture_automatique)
[2] ROBICHAUD, Michel Roma, «Poésie Surréaliste de Paul Eluard: Analyse Stylistique » (2011). Open Access Dissertations and Theses, p.10 (en ligne, URL: http://digitalcommons.mcmaster.ca/opendissertations/5195/ )
[3] ELUARD, Paul, Œuvres Complètes (L’évidence poétique), Paris, Gallimard, 1968, p. 515
[4]ELUARD, Paul, Œuvres Complètes (Donner à voir), Paris, Gallimard, 1968, p. 944
[5]ROBICHAUD, Michel Roma, Poésie Surréaliste de Paul Eluard: Analyse Stylistique, 2011, Open Access Dissertations and Theses, p.17 (en ligne, URL: http://digitalcommons.mcmaster.ca/opendissertations/5195/ )
[6]ELUARD, Paul, Capitale de la douleur, suivi de L’amour la poesie, Paris, Gallimard, 1926, p.140
[7]ELUARD, Paul, op.cit, p.139
[8]ELUARD, Paul, Choix de poèmes, (A l'intérieur de la vue), Paris, Gallimard, p. 344
[9]ELUARD, Paul, Capitale de la douleur, éd. citée, p. 153
[10]ELUARD, Paul, Une leçon de morale, Paris, Gallimard, 1949, p. 164
[11]ELUARD, Paul, Capitale de la douleur, éd. citée, p. 154
[12]ELUARD, Paul, op.cit., p. 54
[13]ELUARD, Paul, La jarre peut-elle être plus belle que l’eau? (Cours naturel), Paris, Gallimard, 1951, p. 300
[14]ELUARD, Paul, Derniers poèmes d’amour (Le temps déborde), Paris, Seghers, 1962, p. 65
[15]ELUARD, Paul, Une longue réflexion amoureuse, Paris, Gallimard, 1964, p. 33-34.
[16]ELUARD, Paul, Donner à voir, éd. citée, p. 941
[17]ELUARD, Paul, Capitale de la douleur, éd. citée, p. 139
[18]ELUARD, Paul, op.cit., p. 56
[19]ELUARD, Paul, op.cit., p. 139
[20]OLLIER, Charlotte, Enjeux de représentations contradictoires du féminin dans la poésie de Paul Eluard, mémoire de master, Université Stendhal(Grenoble III), 2009, p. 34-35
[21]Selon le mythe de Platon, qui est évoqué dans le Banquet ou de l’amour, genre moral, aux origines il n’existaient deux sexes, mais trois : le mâle, la femelle, et l'androgyne. Chaque être humain était en fait une sphère avec quatre mains, quatre jambes et deux visages sur une tête unique, quatre oreilles, deux sexes, etc. Leur orgueil provoqua la rage de Zeus, qui les coupa en deux. Dès lors, chaque morceau, regrettant sa moitié perdue, tente de s’unir de nouveau à elle. (URL : http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Banquet_%28Platon%29)
[22]ELUARD, Paul, Œuvres Complètes, ( épigraphe de Donner à voir), Bibliothèque de la Pléiade, Paris, Gallimard, 1968, p. 917
[23]ELUARD, Paul, op.cit. (Avenir de la poésie) p. 526
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